Archive for the ‘ Concert ’ Category

Fever Ray en concert à l’Olympia

Zola Jesus

La prestation de Zola Jesus, qui était en première partie, n’a pas été à la hauteur de mes espérances. La chanteuse faisait des aller-retour le long de la scène, en se tournant rarement vers le public. Et sa voix, mal assurée, n’avait pas la qualité entendue sur ses morceaux enregistrés en studio. Elle forçait sa voix de gorge pour interpréter des mélodies complexes et était parfois à la limite de la justesse. Je me rassure en me disant qu’elle est jeune et qu’elle a le temps de progresser scéniquement. De toute façon, cette première déception a vite été effacée par la seconde.

Fever Ray

Le concert a débuté par un nuage de fumée qui a envahi l’Olympia, plongé dans la pénombre. Surgissant du brouillard, 2 lasers verts ont été pointés vers le plafond. Des petits abat-jour disposés sur la scène se sont allumés. L’introduction de If I Had A Heart passait en boucle et la tension était présente dans la salle : ça va être génial.

Le morceau commence, mais la salle reste dans l’obscurité. Le deuxième morceau, Triangle Walks, suit, mais on ne voit toujours rien. En fait, les lumières étaient la seule chose que l’on distinguait correctement pendant le show et je me suis demandé pendant un bon moment si Karin Dreijer Andersson était bien sur scène. Elle était en retrait, cachée sous le brouillard et sous un énorme costume et masquée. Ce ne serait pas bien grave si elle communiquait avec le public, mais non : pas un mot n’a été prononcé en dehors des chansons elles-mêmes.

Voilà ce que l’on voyait sur scène d’après le compte-rendu de JBA :
Fever Ray en concert vu par JBA

JBA ne fait probablement pas comme moi 1,60 m, parce que ce que j’ai vu, c’est plutôt ça :
Fever Ray à l'Olympia

Avec la foule, la fumée et l’obscurité, je ne voyais rien. Je me suis donc concentrée sur les jeux de lumière et la musique. Les morceaux, toujours aussi beaux et intriguants, étaient interprétés dans des versions très proches de l’album. Pas de rappel, les lumières se rallument une minute après la dernière chanson.

Les amies qui m’accompagnaient ont été enchantées par l’esthétique du spectacle, ce qui m’a un peu remonté le moral, mais, de mon côté, je n’ai pas accroché.

Rock en Seine 2010 – Jour 3

Compte-rendu du dimanche 29 août au festival Rock en Seine.

Je commence par une glace gratuite et par les Français de Success. Leurs morceaux de rock electro n’ont rien d’extraordinaires, mais ils sont rythmés et le frontman, Mr. Eleganz, plein d’adrénaline, assure le show. Et parfois, pour un festival, bouger sur scène, c’est plus important que de bonnes chansons (cf. Beirut ci-dessous).

Mais qui sont ces rockeurs sur la Grande Scène avec des lunettes de soleil et ces longues barbes ? On dirait les ZZ Top ! Mais non, c’est Eels et sa bande de légendes du rock blues – dont je n’ai jamais entendu parler. E a concocté un set spécial été avec des reprises de Summer In The City et Summertime et des versions rock et enjouées de ses tubes I Like Birds et Mr. E’s Beautiful Blues. E n’est pas vraiment le bonhomme dépressif que l’on m’avait décrit.

Le concert de Beirut est agréable car ses chansons sont magnifiques, mais ça manque d’énergie, surtout sur la fin, surtout pour la Grande Scène. On est tout de même touchés par les mélodies, les arrangements de cuivres et la voix superbe de Zach Condon qui nous entraine à Nantes ou à Marseille pour des rencontres inavoubles.

Le show des Ting Tings sur la Grande Scène m’a enthousiasmé, mais je suis vendue ! Jules De Martino et Katie White, vêtus de combinaisons de travail rouges, sont seuls sur scène pendant la quasi totalité de leur set. Ils commencent par We Walk, chanson qui me touche à cause du boulot et de la théorie d’Hirschman sur Loyalty, Voice et Exit et « if it all goes wrong, we walk ». Et ça enchaîne les tubes de l’album : Great DJ, Shut Up And Let Me Go, la très bonne nouvelle chanson The Hands, une mini reprise de Psychokiller des Talking Heads et ça se termine sur That’s Not My Name. Il y a tout de même un petit passage à vide au milieu du set. Problème technique ? Pas grave, c’est pardonné. Je suis vendue, je vous dis.

Roxy Music, ça me passe un peu au-dessus. J’ai l’impression de rater quelque chose et je me console en me disant que je suis trop jeune pour comprendre.

C’est la première fois que je vois Arcade Fire sur scène et leur prestation confirme toute l’estime que j’ai pour ces Montréalais. Ils enchaînent des morceaux puissants et magnifiques : Keep the Car Running, Neighborhood #2 (Laika), No Cars Go… Des merveilles de mélodie. Les musiciens s’amusent, échangeant les instruments : Régine Chassagne passe de la batterie, au chant et à l’accordéon. Zach Condon et un autre musicien de Beirut font une apparition sur Ocean of Noise pour jouer de la trompète et c’est magique. Le groupe, comme le public, est prêt à prolonger la grâce, mais le concert est interrompu par la pluie, qui tombe de plus en plus fort, au point que le groupe doit arrêter de jouer pour éviter de s’électriser. Après quelques minutes de pause, Arcade Fire revient pour un dernier morceau, Wake Up, dans une version semi-acoustique où les musiciens chantent en chœur. Le morceau terminé, les spectateurs retournent vers le métro sous la pluie. Et dire qu’il faut retourner bosser demain après ça.

Rock en Seine 2010 – Jour 2

Compte-rendu du samedi 28 août au festival Rock en Seine.

La journée commence avec le trio londonien Chew Lips. « Je suis désolée, il pleut », nous dit Tigs, la chanteuse, dans un français très honnête. Vêtue d’un mini-short et de collants noir, Tigs a le look adéquat pour Rock en Seine. Elle s’amuse pendant que les deux autres membres du groupes assurent alternativement les machines, la guitare et la basse. Pas mal de morceaux s’avèrent tout à fait dansables, comme Salt Air ou Karen et les Chew Lips nous font bouger pendant que les nuages disparaissent.

C’est donc au soleil, à la Scène de l’Industrie, que se déroule le set de Viva And The Diva, « super groupe » français. Sur le papier, ça a l’air top, mais je ne suis pas convaincue. La diva, c’est Sir Alice, la chanteuse, qui porte une robe zébrée et gratte une guitare électrique rose. Les Viva And The Diva font rock puissant, sombre, un peu agressif, qui étrangement me fait penser parfois aux Beastie Boys, à cause de la voix androgyne et saccadée de Sir Alice.

Plan B est une bonne surprise. Le show commence par la performance d’un beatboxer invité, qui chauffe le public avec une démonstration impressionnante. Ben Drew, le leader de Plan B, arrive ensuite sur la Scène de la Cascade avec un véritable orchestre : 2 guitares, basse, batterie, claviers, 3 choristes noires. L’ambiance ainsi créée est celle d’une soul blanche rock et funk à la The Commitments, avec des touches de hip hop. Ben Drew a un très bon flow et une voix soul agréable et quand il joue son tube She Said, le public est conquis.

Je doutais l’autre jour de la capacité des Stereophonics à jouer pour un large public, car j’imaginais leurs chansons se prêtant à des atmosphères plus intimistes. Pourtant la foule s’est regroupée autour de la Grande Scène pour entendre quelques tubes : Maybe Tomorrow, Mr. Writter ou Lucky. Kelly Jones enchaîne un set bien rôdé, sans fioritures, et ça manque un peu de personnalisation : finalement, les Stereophonics sont bien un groupe de stade.

J’avais vu les Two Door Cinema Club l’année dernière au festival des Inrocks et c’est avec plaisir que je les retrouve à Rock en Seine. Ils ont de bonnes chansons, mais elles se ressemblent toutes un peu. J’ai reconnu Undercover Martyn, I Can Talk et Something Good Can Work et le reste passe dans un mélange indistinct, mais plaisant, car les Irlandais s’amusent et le public avec eux.

J’ai pu voir le court show case de Twin Twin et c’était formidable. Comme j’ai également vu le groupe en concert récemment, je vous en reparle plus en détails prochainement. Lire l’article sur le concert de Twin Twin aux 3 Baudets.

Le problème de ce festival, c’est que trop de concerts sont programmés en même temps. Ainsi, je n’ai entendu qu’un tout petit bout du concert de Jonsi. Pas assez pour me faire une idée. De même, je ne suis restée que pendant quelques morceaux pour Queens Of The Stone Age, juste le temps d’entendre The Lost Art of Keeping a Secret.

Je quitte l’atmosphère dense et sombre de QotSA pour celle, bon enfant et rigolarde, des Naive New Beaters. Ceux-ci sont précédés d’une réputation de groupe live. Et effectivement, ça s’active sur scène : chaque chanson est accompagnée d’une petite chorégraphie fofolle. Le chanteur raconte des petites histoires en français avec un accent étrange et encourage le public à soutenir les musiciens en formant des coeurs avec les mains.

Le concert de LCD Soundsystem a été un des moments forts de la journée. J’ai découvert récemment que Pitchfork a classé 2 morceaux de LCD Soundsystem dans son top 20 des meilleures chansons des années 2000 : All My Friends (2e) et Losing My Edge (13e). Rien que ça. Et c’est mérité, car les morceaux de James Murphy ont quelque chose de fondamentalement moderne, dansant et mélancolique. Et du coup, on danse au son de 2 batteries et de diverses percussions. C’est tellement bon, de l’électro avec de vraies percussions. Le set commence par Some Girls, passe par les tubes All My Friends et Daft Punk Is Playing In My House, et se termine par New York I Love You, But You’re Bringing Me Down, histoire de me déprimer, avec une mini reprise de d’Empire State Of Mind : « There’s nothing you can’t do, now you’re in New York ».

Si je vous dis « c’est immense, splendide et impersonnel », à quoi pensez-vous ? Comment ça, « les pyramides d’Egypte » ? Je faisais référence au show de Massive Attack. C’était très beau et très bien pour somnoler. Ça tombe bien, c’est l’heure de partir. Bien que fan de Soulwax, je n’accroche pas à leur projet alternatif 2 Many DJ’s et je suis donc rentrée pour un repos mérité.

Rock en Seine 2010 – Jour 1

Compte-rendu de la journée du vendredi 27 août au festival Rock en Seine.

C’est la première fois que je vais au festival Rock en Seine et c’est l’occasion de voir beaucoup d’artistes que j’apprécie et d’en découvrir d’autres. C’est aussi le moment de croiser 30 000 personnes par jour, d’être noyée sous les flyers et les sponsors du festivals et de se faire saucer. En sortant du métro à Boulogne, il pleut. Ça promet.

Je commence la journée par un petit tour des lieux, histoire de me repérer, et, guidée par la foule, je me retrouve à la Grande Scène où jouent les All Time Low. Ces Américains font un college rock qui rappelle les Blink 182, tête d’affiche de cette première journée de festival. Le groupe est visiblement une bande de potes, qui sont bien contents d’être là et qui passent autant de temps à raconter des blagues qu’à réellement jouer. Lorsque les All Time Low entament leur tube Dear Maria, Count Me In (en fait, la seule chanson du groupe que je connaissais), je commence à me diriger vers la Scène de l’Industrie.

Cela me permet d’entendre la fin du set Roken Is Dodelijk, un groupe pop de Lille. C’était un peu court, mais cela m’a donné envie de mieux les connaître.

J’enchaîne avec le concert des Band of Horses, installés sur la Scène de la Cascade, qui sont tatoués comme des rockeurs, mais qui jouent une pop très douce et mélancolique.

Je retourne à la Grande Scène pour découvrir le travail solo de Kele, leader de Bloc Party. Le monsieur débarque sur scène avec une chemise aux motifs colorés et un bermuda. Il danse comme un fou sur ses morceaux plus électros et plus funk que ceux de Bloc Party, dont il fait tout de même quelques reprises.

Le concert de Foals à la Scène de la Cascade était apparemment très attendu du public, mais il ne m’a pas transcendé. La faute au retour de la pluie ?

Ou peut-être était-ce parce que j’attendais avec impatience le concert de Skunk Anansie, programmé sur la Grande Scène ? Skin et ses acolytes m’avaient impressionnée lors de leur passage à l’Elysée Montmartre en novembre 2009. C’est pourquoi, bien qu’appréciant Beast, je n’ai pas hésité longtemps entre les 2 groupes. C’était aussi fou et aussi fort que la dernière fois. Skin courrait partout et a fait un slam sur la foule. Le groupe a joué quelques morceaux du nouveau album Wonderlustre, dont le premier single, My Ugly Boy, mais s’est surtout concentré sur ses tubes : Twisted, Charity, Hedonism et Charlie Big Potato.

The Kooks, sur la Scène de la Cascade, s’en sont donné à coeur joie, mais de mon côté, je commençais à fatiguer.

N’étant pas attirée par le hip hop old school de Cypress Hill, je suis allée voir du côté de la Scène de l’Industrie qui était ce French Cowboy. Et j’apprends que le groupe est formé de plusieurs anciens des Little Rabbits. J’ai tout de suite un a priori positif. Les French Cowboy proposent un rock blues plaisant, trainant du côté de l’Amérique. Le chanteur raconte des petites histoires et on sent le vieil habitué de la scène, qui sait mettre une ambiance décontractée. On est entre amis ici, on ne se la raconte pas. Le chanteur encourage le public à pogoter, « même si c’est pas franchement les Ramones ».

Les Black Rebel Motorcycle Club sont programmés à la Scène de la Cascade au moment où l’obscurité s’installe. Sur scène, leur rock semble plus sensuel et planant que dans leurs albums, qui dégageait plus d’énergie. Je comprends mieux pourquoi leur son a pu être comparé à celui de My Bloody Valentine.

Les BRMC sont très bien pour finir la soirée et je décide de rentrer tant qu’il me reste des forces. De toute façon, je ne suis pas fan de Blink 182. J’ai tout de même quelques regrets de manquer Underworld.

Les Femmes s’en mêlent 2010 : MEN, Duchess Says, Tender Forever, Dance Yourself To Death

Concert à l’Alhambra le 2 avril 2010 dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent 2010.

C’était mon premier concert à l’Alhambra, qui est une belle salle, assez grande (800 places), refaite il y a deux ans. Il y avait beaucoup de filles dans le public. C’est sûr que la moitié des lesbiennes de Paris, ça commence à faire du monde. Car cette dernière soirée du festival Les Femmes s’en mêlent était dédiée aux femmes qui aiment les femmes.

Dance Yourself To Death

Dance Yourself To Death à l'Alhambra

La soirée commence avec le groupe de Toronto Dance Yourself To Death et leur pop rock entraînante. La chanteuse et bassiste Jen Markowitz à la coupe asymétrique qui va bien joue avec la batteuse Susan Gale, le claviériste Johnny Ryan et une guitariste qui ne semblait pas être Carmen Elle qui a participé à l’enregistrement du premier album du groupe, Ready For Love.

Le groupe ressemble à une bande de copines qui s’éclatent sur scène, mais des copines qui n’auraient pas oublié pas de bosser car Dance Yourself To Death a en réserve de bonnes chansons catchy comme White Beds ou We Are All made Of Stones. Des mélodies très pop qui rentrent dans la tête et font bouger les pieds. Et ça commence déjà à danser dans la salle.

Plus d’infos sur Dance Yourself To Death

Page Myspace de Dance Yourself To Death
Site officiel de Dance Yourself To Death

Tender Forever

Tender Forever à l'Alhambra

Un grand moment de la soirée a été la prestation de Tender Forever. De son vrai nom Mélanie Valera, elle est originaire de la région de Bordeaux mais vit à Portland aux Etats-Unis. Elle fait une électro pop minimaliste un peu expérimentale habitée par sa voix très expressive, mais surtout, Tender Forever est une show woman qui défie des conventions.

Seule sur scène, elle s’accompagne de toute une machinerie : un mac portable dont la pomme est cachée par des autocollants ; une batterie électronique qu’elle contrôle à certains moments à distance avec des manettes de Wii ; un petit clavier qui lui sert à passer des bandes sons pré-enregistrées sur lesquelles elle chante et danse. Par moments, elle fait des pauses pour jouer d’instruments plus classiques comme la guitare ou le ukulélé.

Tender Forever s’est fait remarquer avec une reprise de My Love de Justin Timberlake au ukulélé, mais elle tient à préciser que c’était juste pour s’amuser et que ce n’est pas représentatif de ce qu’elle fait. Non, Tender Forever ne fait pas du « R’n’B Lo-fi ». Alors bien sûr, il semblerait que Tender Forever aime aussi la soul… enfin surtout les chanteuses de soul. Elle dédie une chanson à Beyoncé et passe un diaporama de photos retouchées où les deux apparaissent en couple, créant un contraste entre les photos rigolotes et l’intensité de son chant.

Une des chansons les plus remarquables de son set fut Like The Snare That’s Gone qui donne son nom au nouvel album de Tender Forever, No Snare.

Tender Forever à l'Alhambra

Tender Forever pourrait faire un one woman show comique avec les petites anecdotes qui ponctuent son concert. Rien que son voyage de retour en France fait l’objet de plusieurs blagues bien senties, principalement sur la notion de genre. Tender Forever est androgyne, sa coiffure au bol entretenant l’ambiguïté. Elle explique qu’elle a abandonné sa coiffure asymétrique en constatant que c’était devenu commun chez les lesbiennes, voire que ce n’était même plus réservé aux lesbiennes. Elle raconte comment, vêtue comme le soir du concert d’un jogging rouge et d’une chemise ample ne laissant pas deviner ses formes, elle a semé le doute auprès d’une hôtesse de l’air qui accueillait les passagers en les gratifiant d’un « Bonjour monsieur » ou d’un « Bonjour madame ». La voyant arriver, l’hôtesse, ne sachant quel genre choisir, a dû se réfugier dans un « Bienvenue ».

On apprécie autant les chansons de Tender Forever que son humour et son sens de l’auto-dérision. La chanteuse danse beaucoup pendant le concert dans un style très personnel, inspiré du hip hop, un peu maladroit mais avec une grande liberté très touchante, ce qui est l’esprit même de sa musique.

Plus d’infos sur Tender Forever

Page Myspace de Tender Forever

Duchess Says

Duchess Says à l'Alhambra

Chicks On Speed ayant annulé sa tournée européenne, c’est le groupe de Montréal Duchess Says qui s’y colle. J’avais déjà vu Duchess Says en concert lors du festival Les Femmes s’en mêlent 2007 et je n’avais pas vraiment apprécié. Cette fois, je suis un peu plus rentrée dans le délire du groupe qui est assez particulier.

Duchess Says fait du post-punk électro lorgnant parfois vers le thrash métal. Ce groupe est surtout remarquable pour ses performances car la chanteuse Annie-Claude Deschênes assure à elle seule un show punk et surprenant. Tout de noir vêtue, elle ne chante pas, elle hurle. Elle pousse des cris suraigus, qui évoquent parfois le plaisir, parfois la douleur et parfois des animaux. La chanson Tenon Non Neu est principalement composée d’onomatopées, collant à son style sec et violent. Prenant des airs de robots détraqués, Annie-Claude garde les yeux grands ouverts sans jamais ciller et bouge de façon saccadée. Elle danse comme si elle avait une crise d’épilepsie. Généreuse avec le public, Annie-Claude l’arrose de bière et descend dans la fosse pour offrir aux spectateurs de la vodka à boire au goulot.

Les autres musiciens (à la guitare, aux claviers et à la batterie) jouaient tranquillement leur partie, comme si de rien n’était. Parmi ses bruits étranges, j’ai pu reconnaître le tube électro Black Flag. Bref, Duchess Says en concert, ça vaut le coup d’œil, mais pas tous les jours non plus.

Plus d’infos sur Duchess Says

Page Myspace de Duchess Says
Site officiel de Duchess Says

MEN

MEN à l'Alhambra

MEN, déjà évoqué sur ce blog, est le projet de JD Samson, fondatrice du groupe électro clash féministe new-yorkais Le Tigre et MEN fait également une électro rock et dansante.

Et JD Samson est une féministe pure et dure et old school : une lesbienne avec des poils sous les bras engagée politiquement. Ne vous laissez pas tromper par les chansons aux mélodies festives et dansantes de MEN : certes on s’amuse, mais on cause de choses sérieuses, comme de politique, des droits des homosexuels et d’argent. « La plupart de nos chansons parlent d’argent », annonce JD Samson, « mais cette chanson parle d’argent et d’amour », à propos de Off Our Backs.

Sur scène, MEN est formé de JD Samson aux machines et de Michael O’Neill et Ginger Brooks Takahashi aux guitares électriques. Tous les trois ont des tenues spéciales. Michael a un style tyrolien disco avec sa veste et son short noirs, ses bas en laine blanche et ses paillettes sur le visage. Les filles ont des vêtements aux dessins bariolés. Le costume étrange de JD Samson évolue au fur et à mesure qu’elle enlève les couches. D’abord, elle porte une veste aux rayures arc-en-ciel sur un sort rouge et blanc, qui, quand elle tombe la veste, devient une robe avec des dessins variés, dont un pénis, placé à l’endroit qui convient.

MEN à l'Alhambra

Sur Boom Boom, surgissent en danseuses improvisées la batteuse et la guitariste de Dance Yourself To Death, portant des pancartes en forme de poings. Avant d’entamer Credit Card Babies, JD Samson précise que « cette chanson parle des homos qui font des bébés », en français dans le texte. Et les musiciennes de Dance Yourself To Death reviennent avec des panneaux représentants trois doigts évocateurs. MEN a d’autres accessoires farfelus à présenter, comme une fourchette rouge géante, impliquée dans une danse de JD Samson, et un casque rappelant une maison de poupées.

« Who Am I To Feel So Free? » chante JD Samson et on se demande ce qui l’empêcherait de s’amuser et d’être elle-même, sans complexes. Et la salle suit, dansant frénétiquement, pogotant un peu, subjuguée par ce bout de femme tatouée comme un condamné à perpét’ à la jolie voix aiguë qui nous encourage à devenir des « feMENists ».

Plus d’infos sur MEN

Page Myspace de MEN

Les Femmes s’en mêlent 2010 : Sarah Blasko, The Tiny, Sydney Wayser

Concert à la Maroquinerie le 1er avril 2010 dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent 2010.

Sydney Wayser

Sydney Wayser à la Maroquinerie

La jeune Américaine Sydney Wayser au piano et son acolyte Adam Tressler à la guitare ont entamé la soirée dans une ambiance intimiste. Pour Lulaby, Sydney joue également du xylophone (photo). En fait, l’ensemble de ses chansons évoquent des comptines douces-amères. Sydney Wayser s’accompagne d’instruments qui ont l’air de jouets : xylophone, grelots, tambourin, ukulélé. Les mélodies un peu naïves et la voix douce de Sydney sont agréables sans être renversantes. Sydney Wayser a sorti deux albums : Silent Parade et The Colorful.

Plus d’infos sur Sydney Wayser

Page Myspace de Sydney Wayser
Site officiel de Sydney Wayser

The Tiny

The Tiny à la Maroquinerie

Avec The Tiny, on reste dans une atmosphère intimiste, mais nettement plus dense. Ce groupe suédois est formé du couple Ellekari Larsson (voix et claviers) et Leo Svensson (violoncelle, scie musicale et diverses bizarreries). La voix d’Ellekari, les mélodies contorsionnistes et lyriques et la présence du piano classent The Tiny dans la famille de Kate Bush. Il y a bien sûr beaucoup de complicité entre les deux musiciens. Avant d’entamer Last Weekend, chanson sur la peur de perdre l’autre, Ellekari envoie un petit regard à Leo et annonce qu’elle s’est mariée peu de temps après avoir écrit cette chanson. The Tiny vient de sortir un troisième album, Gravity and Grace.

Plus d’infos sur The Tiny

Page Myspace de The Tiny
Site officiel de The Tiny

Sarah Blasko

Sarah Blasko à la Maroquinerie

J’avais déjà dit le bien que je pensais de la gracieuse Australienne Sarah Blasko. Sa mèche dans l’œil, ses traits fins et sa minceur lui donnant un air de poupée. Sur scène, l’ambiance était jazzy grâce à la contrebasse et aux percussions légères. Sarah était également accompagnée par le guitariste et le pianiste qui la suivent depuis plusieurs années.

On a retrouvé avec plaisir les perles pop de son dernier album, As Day Follows Night : We Won’t Run, Is My Baby Yours, Bird On A Wire, All I Want, No Turning Back. Sarah Blasko a aussi interprété une chanson du film de Woody Allen Annie Hall, qui paraît-il est son préféré.

Plus d’infos sur Sarah Blasko

Page Myspace de Sarah Blasko
Site officiel de Sarah Blasko

Les Femmes s’en mêlent 2010 : Miss Platnum, Rock and Junior

Concert à la Maroquinerie le 30 mars 2010 dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent 2010.

Rock and Junior

Rock and Junior à la Maroquinerie
Rock and Junior est le projet electro clash du producteur Richard Minier et des chanteuses Maya Alban Zapata et Ruth Eva Bekono Booh. Sur scène, Richard Minier assurait la guitare et les samples. La bassiste qui les accompagnait semblait toute petite à côté des deux immenses chanteuses, avec leurs talons hauts et leurs robes courtes laissant voir des kilomètres de jambes.

Maya et Ruth se sont déchaînées pour faire bouger la Maroquinerie, car les Rock and Junior font de la musique pour danser. Rock, electro, soul, hip hop, musiques latines, tout se mélange pour nous faire bouger. Même si l’ensemble de leurs chansons sont agréables, le single Let’s Get Physical sort du lot.

Setlist : You Don’t Have To Worry / Let’s Get Physical / Nasty Little Fight / I’m Walking / Senorita / Searching / Revolution

Plus d’infos sur Rock and Junior

Page Myspace de Rock and Junior

Miss Platnum

Miss Platnum à la Maroquinerie
Miss Platnum avait concocté un show aux petits oignons. La fanfare s’est d’abord installée : un batteur et un percussionniste, un bassiste, un tuba, un trombone, une trompette. Puis Miss Platnum a fait son entrée avec ses deux choristes en esquissant quelques pas de danse. Puis elle a entamé Drink Sister Drink en jouant avec une bouteille de vodka à paillettes.

Miss Platnum à la Maroquinerie

Chaque chanson avait sa petite chorégraphie et Miss Platnum et ses choristes ont usé de divers gadgets pour nous divertir : lunettes de star, chaînes en or sur Fakebling, faux billets « spécial Miss Platnum » à zéro dollar sur I’m Broke. Et Miss Platnum a effectué deux changements de costume. Pour interpréter sa reprise de Babooshka de Kate Bush, Ruth s’est vêtue d’une robe représentant une poupée russe avec des paillettes et des trompettes, emblèmes du groupe.

Pour son tube Give Me The Food, Miss Platnum et ses musiciens nous avaient préparé une surprise : une adaptation toute personnelle de Alors On Danse de Stromae, transformée en Alors On Mange, avec les paroles de Give Me The Food traduites en français.

C’est avec plaisir que la Maroquinerie s’est laissé tentée par les invitations à la débauche de Miss Platnum : boisson (Drink Sister Drink), nourriture (Give Me The Food), argent facile (Fakebling), paraître et grosses voitures (Mercedes Benz).

Setlist : Broke Intro / Drink Sister Drink / Go / Why Did You Do It / Powermarsch / Diamonds Are Forever / Fakebling / Give Me The Food – Alors on mange / Puszito / I’m Broke / The Long Goodbye / I Can’t Stop Loving You / Babooshka / Hard Day – Boolywood Movier / 60s / Mercedes Benz / Come Marry Me
Rappel : She Moved In / Butter / Shakepit
2e rappel : Sinking Boat

Plus d’infos sur Miss Platnum

Page Myspace de Miss Platnum
Site officiel de Miss Platnum

Les Femmes s’en mêlent 2010 : John and Jehn, Trash Kit, Jesca Hoop

Concert à la Maroquinerie le 29 mars 2010 dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent 2010.

Jesca Hoop

Jesca Hoop a offert un début sage et folk à ce concert. Elle était à la guitare et elle était accompagnée de deux choristes, d’un percussionniste et d’un bassiste. Jesca racontait des petites anecdotes sur ces chansons d’une voix endormie. Mais sa voix s’est vite réveillée pour assurer sur les mélodies complexes aux harmonies vocales travaillées.

Jesca Hoop a centré sa courte prestation sur son premier album Kismet, ne jouant de son nouvel album Hunting My Dress que la chanson du même nom. Le disque sera disponible en France en mai. C’est avec Love and Love Again que Jesca Hoop quitte la scène. Cette chanson a été composée pour figurer dans la BO d’un film avec Johnny Depp qui n’a finalement pas été tourné.

Setlist approximative : Whispering light, Four Dreams, Angel Mom, Hunting My Dress, Love And Love Again.

Plus d’infos sur Jesca Hoop

Page Myspace de Jesca Hoop

Trash Kit

Les Anglaises de Trash Kit forment un power trio (guitare, basse et batterie) un peu punk, un peu pop, avec des touches de musiques africaines à la Vampire Weekend. Elles arrivent super lookées sur scène : une avec un pull à imprimé squelette, une avec un short de catcheur avec des flammes, une avec un t-shirt jaune qu’elle a volé aux années 80 et toutes le visage bariolé de peintures tribales fluos. Elles ont du potentiel, mais pas de vraies chansons, seulement des bouts de mélodies. Pour vous faire une idée, leur premier album Trash Kit comporte 17 titres pour 26 minutes. Assez inhabituel. Heureusement, leur énergie et leur bonne humeur sauvent la mise.

Plus d’infos sur Trash Kit

Page Myspace de Trash Kit

John and Jehn

John and Jehn

Les Français de John and Jehn étaient les stars de la soirée et il fallait jouer des coudes devant la scène pour les voir. John and Jehn ont confirmé sur scène tout le bien qu’on pensait d’eux : de bonnes chansons, une atmosphère, de l’énergie et de l’allure. Accompagnés d’un batteur et d’une guitariste, John était à la basse et Jehn aux claviers, mais les différents instruments ont tournés entre les mains des musiciens.

Le concert avait lieu le jour même de la sortie du deuxième album, Time For The Devil et pour cette release party, nous avons eu droit à de nombreux titres de ce nouvel album : bien sûr le single Time For The Devil, mais aussi les excellents Ghosts et Oh My Love. Johh et Jehn on également fait un détour par London Town, chanson sur la ville où ils se sont installés.

Les morceaux du premier album n’ont pas été oubliés : Make Your Mum Be Proud complétement revisité devient une chanson rock et dansante et 20L07, qui est un peu l’hymne de John and Jehn, a été accueilli par des cris approbateurs.

Jehn aux claviers

Setlist : Vampire / And We Run / Down Our Streets /Love Is Not Enough / London Town / Ghosts / Time For The Devil / Make Your Mum Be Proud
Rappel : 20L07 / Oh My Love / Shy

Plus d’infos sur John and Jehn

Page Myspace de John and Jehn