Archive for the ‘ Cinéma ’ Category

Gravity et les limites du test Bechdel

Gravity

Je viens de voir le film Gravity de Alfonso Cuarón. C’est un beau film, et pas seulement par son esthétisme et ses mouvements de caméra qui vous donnent l’impression d’être en apesanteur. Par contre, Gravity ne passe pas le test Bechdel.

Vous connaissez peut-être le test Bechdel, ce test qui permet de vérifier qu’un film a des personnes féminins consistants, qui ont leur propre histoire et ne servent pas uniquement à faire avancer les intrigues des hommes.

Le test Bechdel, comment ça marche ?

  • Est-ce que le film comporte au moins 2 femmes dont on connaît le nom ?
  • Est-ce qu’elles intéragissent ? (Est-ce qu’elles parlent entre elles ?)
  • Est-ce que leurs intéractions font avancer leur trame ? (Est-ce qu’elles parlent d’autre chose que des personnages masculins ?)

Hé bien avec Gravity, le test Bechdel devient tout simplement absurde. Il n’y a que 2 personnages dans le film et un seul est une femme. On voit Sandra Bullock à l’écran pendant tout le film. Ryan Stone, qu’elle interprète, est un personnage dense, avec sa propre histoire, ses propres objectifs, son évolution, etc. On ne peut pas reprocher à Gravity de ne pas avoir de personnages féminins forts, mais le film ne remplit aucune des conditions du test Bechdel.

On avait déjà signalé les limites du test Bechdel à l’occasion du film Pacific Rim de Guillermo del Toro. Que dire d’un film qui ne comporte qu’une seule femme, mais qu’elle est l’héroïne, le moteur de l’histoire et qu’elle botte des culs ?

Une fan de Pacific Rim (chaila) a proposé un test alternatif, le test Mako Mori, du nom de l’héroïne de del Toro, pour identifier les films avec personnages féminins forts :

  • Est-ce que le film a au moins un personnage féminin ?
  • Est-ce qu’elle a son propre arc narratif ?
  • Est-ce que son arc narratif ne se contente pas d’étoffer l’arc d’un personnage masculin ?

Et pour le coup, Gravity passe le test Mako Mori. Bref, une fois de plus, ce n’est pas la quantité, mais la qualité qui compte.

(Je viens de voir un article qui en arrive exactement à la même conclusion : Gravity Shows the Limits of the Bechdel Test. C’est ça d’attendre 15 jours avant d’aller voir les films !)

Le dossier des Inrocks : manger de la viande tue

Couverture des Inrocks du 12/01/2011 : Manger de la viande tue

Comme je l’annonçais dans mon dernier billet, les Inrocks ont fait leur « une » du 12 janvier sur la consommation de la viande. Le dossier n’apprendra probablement pas grand-chose aux personnes qui se sont déjà renseignées, mais il est intéressant, car il évoque les grands thèmes liés au fait de manger des animaux : mauvais traitements des animaux, pollution liée à l’élevage, question morale sur la vie des animaux, conséquences néfastes sur la santé d’une trop grande consommation de viande pour l’homme. Certes, c’est un peu décousu et superficiel, mais cela constitue une bonne introduction au sujet et une bonne base pour entamer une réflexion.

Le dossier comprend 5 articles (je rajouterai les liens vers le site des Inrocks quand ils seront disponibles) :

  • « La mort par la viande » : interview de Jonathan Safran Foer pour la sortie de son livre Faut-il manger les animaux ? (propos recueillis par Nelly Kaprièlian)
  • « Les usines de la morts » (par Nelly Kaprièlian) : présentation du livre de Jonathan Safran Foer
  • « La voix des bêtes » (par Jean-Marie Durand) sur les penseurs de la condition animale
  • « Un lien entre viande rouge et cancer » interview de Marie-Monique Robin pour la sortie de son livre (prévue en mars) Notre poison quotidien (propos recueillis par Guillemette Faure)
  • « 35 euros pour un coucou de Rennes » (par Anthony Orliange) sur la difficulté de consommer des animaux vraiment élevés en plein air et dans de bonnes conditions

Le gros du dossier est composé de l’entretien de l’écrivain américain Jonathan Safran Foer, dont le livre Eating Animals datant de 2009 vient d’être traduit en français sous le titre Faut-il manger les animaux ?.

Jonathan Safran Foer, lui-même végétarien, explique qu’il ne veut pas convertir au végétarisme, mais alerter sur les méfaits de l’industrie de la viande, en particulier en terme de pollution, et encourager à réduire la consommation de viande, comme acte citoyen. Il développe la métaphore de la cigarette, déjà présente sur l’image de couverture : « La consommation de la viande va évoluer comme celle du tabac : légale mais régulée. »

Cela m’a donné envie de lire son livre. J’en avais entendu parler à sa sortie, mais comme j’étais encore omnivore, je me suis dégonflée – j’avais déjà assez mauvaise conscience comme ça. Son livre est très personnel : il mêle ses rencontres avec les éleveurs, son enquête sur le terrain et sa propre relation à la nourriture.

Ce que décrit Jonathan Safran Foer concerne principalement les Etats-Unis, mais il s’est tout de même renseigné sur ce qui se passe en Europe. Et l’interview de Marie-Monique Robin apporte un bon complément, car elle précise que la situation en France n’est pas bien différente : « Aux Etats-Unis, les élevages sont tellement grands que le problème est décuplé mais c’est pareil en Bretagne avec les porcs ou en Indonésie avec les poulets. »

Petite parenthèse sur Tout est illuminé

Jonathan Safran Foer est un écrivain, et non un journaliste. Il a écrit Faut-il manger les animaux ? car le sujet le touchait, mais il publie habituellement de la fiction. Il s’est fait connaître avec le roman Tout est illuminé (Everything Is Illuminated – 2002), inspiré de l’histoire de sa famille. Il raconte l’histoire d’un jeune juif américain, Jonathan, qui voyage en Ukraine à la recherche de la femme qui a aidé son grand-père à fuir vers les Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Je n’ai pas lu le livre, mais j’ai vu le film qui en est tiré, réalisé par Liev Schreiber et sorti en 2005. Regardez la bande-annonce, ça donne une bonne idée du film. Attention, à partir de 1’40, c’est plein de vilains spoilers (après la phrase « la quête d’un homme pour la vérité, qui va révéler un secret, qui va changer leur vie à tous »). Et pour rester dans le sujet, le passage entre 1’13 et 1’24, où Jonathan annonce qu’il est végétarien est assez drôle.

En conclusion

Je regrette que Les Inrocks entretiennent la peur sans proposer de solution. Le végétarisme est à peine évoqué, et pour être rejeté comme solution trop extrême, même par Jonathan Safran Foer. La seule solution est celle d’Anthony Orliange : manger moins de viande, mais de meilleure qualité. Et rien n’est suggéré pour réduire la pollution de l’industrie de la viande. Comment un citoyen peut-il agir pour améliorer la situation ?

On peut effectivement penser que Les Inrocks jouent la provocation avec des titres et des couvertures très durs. Surtout si on se rappelle que la semaine précédente, la couv’ était consacrée à une ancienne star du X

Plus d’infos

Sur Jonathan Safran Foer : les pages Wikipédia en français et en anglais (bien plus complet, comme toujours), critique de Faut-il manger des animaux ? par Le Monde, et références du livre : Faut-il manger les animaux ? (Eating Animals), L’Olivier, 360 p., 22 €.
Sur Marie-Monique Robin : son blog sur la plateforme d’Arte
Sur Anthony Orliange, lire son article dans Les inrocks Les neo-butchers réconcilient viande et environnement
Les livres de penseurs de la condition animale conseillés par Les Inrocks : Le Silence des bêtes, la philosophie à l’épreuve de l’animalité d’Elisabeth de Fontenay (1998) ; L’animal que donc je suis de Jacques Derrida (2006) ; Animal, mon prochain de Florence Burgat (1997) ; La Libération animale de Peter Singer (1993) ; Règles pour le parc humain de Peter Sloterdijk (2000).

Florence and The Machine – Heavy In Your Arms

Florence and The Machine a participé à la BO du 3e film adapté de Twilight, avec le titre Heavy In Your Arms, composé pour l’occasion. La vidéo de Heavy In Your Arms vient de sortir et je la trouve très réussie. Elle est tout à fait dans l’univers de Florence and The Machine, avec un côté sombre et morbide, adapté à une histoire de vampires. La vidéo m’a fait pensé à Dead Man Walking, peut-être à cause du noir et blanc et de la cabane dans les bois. Les premières images fantomatiques m’ont aussi évoqué Ring.

Le docteur Watson est-il un petit gros ?

Vous savez sûrement qu’un nouveau film sur Sherlock Holmes va bientôt arriver sur les écrans. La sortie française sera le 3 février 2010. Cette nouvelle version des aventures du détective le plus célèbre de tous les temps met en scène deux acteurs que j’aime bien : Robert Downey Jr (Sherlock Holmes) et Jude Law (Dr Watson).

Avec quelques amis, nous nous sommes posé une grande question : Jude Law peut-il jouer Watson ?

Jude Law en Dr Watson

Jude Law en Dr Watson

Nous avons évoqué les différentes incarnations de Watson dont nous nous souvenions, et il est toujours représenté comme un petit rondouillard. Est-ce vraiment ainsi qu’il est décrit dans les livres originaux ?

Sherlock Holmes et le Dr Watson chez Miyazaki

Sherlock Holmes et le Dr Watson chez Miyazaki

Watson et Holmes (Tom Baker et Terence Rigby  dans Le Chien des Baskervilles, en 1982)

Watson et Holmes (Tom Baker et Terence Rigby dans Le Chien des Baskervilles, en 1982)

Sur le site de la BBC 4, on peut voir une galerie de photos extraites de différentes films britanniques sur Sherlock Holmes. Malheureusement, il n’y en a que pour lui, et très peu pour Watson…

Il semblerait que cette image soit très loin de la description du personnage faite par Conan Doyle. Dans sa première apparition, dans le premier chapitre d’Une Etude en rouge, le docteur John Watson vient de rentrer d’Afghanistan où il était médecin militaire. Il a été malade pendant des mois : il a d’abord été blessé par une balle à l’épaule pendant la bataille de Maiwand, puis, pendant sa convalescence, il a contracté la fièvre entérique. Il s’en sort, mais à son retour, il est décrit comme « aussi mince qu’une latte et aussi brun qu’une noix ».

On peut imaginer que, la santé lui revenant et les années passant, le Dr Watson s’est étoffé, mais peut-être pas au point d’être systématiquement représenté par un petit gros.

Même si j’ai hâte de voir le film, je pense qu’il ne réjouira pas les puristes. A voir la bande-annonce, on dirait du James Bond en costumes d’époque, avec des cascades ridiculement non crédibles. Du grand spectacle et du grand n’importe quoi.

Pixies – Here Comes Your Man

Parce qu’il ne fallait pas laisser Adrienne Pauly attendre, parce que je viens de voir 500 Jours ensembleJoseph Gordon-Levitt chante cette chanson tout bourré dans un karaoké et parce que le concert de vendredi était quand même bien sympa, une petite chanson des Pixies :

there is a wait so long
here comes your man

The Feeling – Love It When You Call

C’est avec cette étrange vidéo que j’ai découvert le groupe anglais The Feeling. En fait, ce n’est pas du tout le clip officiel, même si les couleurs flashy et les scénettes adolescentes vont bien avec la chanson. Il s’agit d’un montage réalisé à partir d’un film coréen, Dasepo Naughty Girls.

J’ai fini par voir le film et je ne peux que vous conseiller de passer votre chemin : message social englouti sous les blagues graveleuses, scènes absurdes qui rendent l’histoire et les personnages incohérents au lieu de faire rire… Dasepo Naughty Girls est bien moins drôle que ce que laissait espérer le clip de The Feeling. Si malgré tout, vous souhaitez en savoir plus sur ce film, vous pourrez lire une critique sur le site Webotaku.

Morse, un film de vampires suédois

Sur le blog de Tommy Chase Lucas, j’ai découvert la bande annonce d’un film de vampires suédois, Morse (Let the Right One In), du réalisateur Tomas Alfredson. C’est tiré d’un roman à succès d’un autre suédois, John Ajvide Lindqvist. Le film a été tourné en 2008 et est sorti en France en février 2009. Je suis complètement passée à côté, malgré ses bonnes critiques et ses récompenses.

Eli a 12 ans. Elle a a 12 ans depuis 200 ans. Et c’est la nouvelle voisine.

Voici la bande annonce.