Niort, ville de femmes

La foule en délire (elle se reconnaîtra) m’a demandé de poursuivre le récit de ma vie à Niork. Serviable, je m’exécute.

Il y a un sujet que je souhaitais aborder, mais sur lequel je ne trouvais pas d’informations pertinentes : la place des femmes à Niort. On a vu ces derniers jours comment sont traitées les femmes à New York. A Niort, c’est mieux.

Women love Nyork

Depuis que je suis arrivée, j’entends dire que, grâce à la prépondérance des assurances (environ 6 000 salariés pour environ 60 000 habitants !), secteur très féminisé, les femmes de Niort travaillent, gagnent bien leur vie, sont indépendantes financièrement et divorcent. Niort serait la capitale française des divorces.

Il est difficile de vérifier ces informations. Voici ce que Google m’apprend :
– A Niort, il y a 53 % de femmes (source : annuaire-mairie.fr), comme à peu près partout en France.
– Le taux de divorce en France en 2007 est de 10,7 divorces pour 1 000 mariages (source : Insee).
– A Niort, en 2007, les couples mariés représentaient 44% de la population et les divorcés, 9% de la population (source : conseil-general.com). Comment comparer ces chiffres ?

Heureusement, j’ai trouvé 2 articles intéressants le premier sur LeFigaro.fr, Les disparités géographiques du divorce, et le second sur LePoint.fr, Niort – Femmes dans la cité.

L’article du Figaro (2010) s’appuie sur une étude de l’Ined sur le divorce pour évoquer ses disparités géographiques. Il affirme que la capitale française des divorces, c’est toujours Paris, « mais que le degré d’urbanisation est moins susceptible [qu’auparavant] d’influencer les attitudes vis-à-vis du divorce, sauf peut-être dans les départements les plus ruraux et les plus urbains ». Certains départements sont moins touchés par le divorce, en particulier ceux de l’Ouest ayant une tradition catholique ancrée, comme les Deux-Sèvres (dont Niort est le chef-lieu). Bizarre.

L’article du Point (2004) traite de la place des femmes à Niort, en particulier dans le monde du travail. « L’effectif salarié féminin sur Niort (14 088 personnes en 2002) est désormais très légèrement supérieur à celui des hommes (14 029). » Et tout ça, grâce aux mutuelles où de nombreuses femmes travaillent, où elles ont des responsabilités et des bons salaires.

Niort affiche « un taux d’activité record de 81,7 % pour les Niortaises de 20 à 39 ans et de 82,1 % pour la tranche d’âge 40-50 ans ». Contre 62 % pour les 15-64 ans à l’échelle nationale (d’après Le Point, car d’après Wikipédia, c’était seulement 57,2 en 2003).

L’article du Point nous apprend également que davantage de femmes qui travaillent, ça signifie davantage de voitures (« 1,35 voiture par ménage, contre moins de 1 au niveau national ») et davantage d’embouteillages. Il serait peut-être temps de revoir la politique des transports en commun, parce que les bus qui s’arrêtent à 20 h, ça n’aide pas.

Pour « l’intense vie de quartiers » évoquée par l’article, on repassera, même si je partage leur avis positif sur la « magnifique salle de spectacle », le Moulin du Roc, à la fois théâtre, lieu de concert, cinéma, restaurant, lieu d’expos. Dommage qu’il y ait si peu de spectacles en été…

Les femmes ont-elles le pouvoir à Niort ? Pas vraiment. « Exception faite de la mairie, où, au moins, la parité est respectée, vous pouvez faire le tour des institutions, des administrations, voire des entreprises : vous ne trouverez pratiquement que des hommes aux postes stratégiques. » Il reste encore du boulot à faire.

Et les divorces dans tout ça ? Voici ce qu’en dit Le Point : « Niort détiendrait un record plus délicat que les précédents : celui du nombre de divorces. En tout cas, chacun, ici, semble le tenir pour acquis, même si, a priori, aucune statistique n’en apporte réellement confirmation. » Les journalistes ont eu autant de mal que moi à confirmer ou infirmer cette rumeur.

Il semblerait qu’une fois de plus le pouvoir s’obtienne par l’argent. Conclusion, je ne sais pas trop quoi penser du lien logique qui est fait entre l’indépendance financière des Niortaises et leur tendance à divorcer. Est-ce que cela veut dire que quand on n’a pas les moyens, on reste dans une relation qui ne convient pas ?

  1. Je suis niortaise mais expatriée à la capitale et je suis ravie de lire un article sur ma bonne ville de Niort :) et il a toujours été dit que les femmes de Niort (enfin travaillant là bas) étaient de bon parti ^^

    • Foulendélire
    • 25 août 2011

    Merci pour cet article réclamé à cor et à cri ! ;)

    J’avoue pour ma part que ce ne sont pas les chiffres concernant les femmes qui m’ont étonnée (quoique… 82% de Niortaises qui travaillent entre 40 et 50 ans, wahou !), mais ceux concernant le divorce : il y en a si peu que ça ???!!! je pensais qu’il y en avait beaucoup plus…

    J’aime beaucoup ta question finale ! M’est avis qu’on est pas loin de la vérité… Mais pas que ! Et comme on ne va pas ouvrir un débat qui sera sans fin sur « pourquoi je reste en couple alors que le couple ne m’épanouit pas », je laisse des points de suspension… :)

    (eh ! je pense à un truc : tu gagnes bien ta vie et tu vis à Niort ; t’as plus qu’à divorcer pour vraiment t’intégrer ! :))

    N’empêche, la rubrique s’appelle « ma vie à Niork », pas « LA vie à Niork » ! raconte donc « l’intense vie de quartiers » et tout le toutim, espèce de filouteuse !

    • Clumsybaby
    • 25 août 2011

    @Missbavarde
    Merci pour ton petit mot. Ca fait donc de moi un bon parti :-), puisque je travaille à Niort. Enfin, pour le moment.

    • Clumsybaby
    • 25 août 2011

    @Foulendélire
    C’est sûr, ce n’était pas un article très personnel. Il va falloir que je me rattrape.
    Quant aux chiffres, c’est dur de les faire parler. En fait, il faudrait connaître le taux de divorciabilité de Niort et celui de l’ensemble de la France (30 % d’après Wikipédia). Mais d’après ce que j’ai lu, c’est difficile à calculer. Les sociologues ne sont pas d’accord sur les méthodes. Du coup, on ne peut pas comparer.

  2. Rigolo cet article sur Niort (que je pensais Vendéenne mais non, c’est le Poitou-Charentes !) écrit Niork : c’est un jeu de mots ?
    A chaque fois que je suis allée à Niort, c’était pour un RV dans une compagnie d’assurances (Rue de Paris à chaque fois) et on peut dire que ce n’était pas follement drôle -mais ça doit être dû à l’activité ; à chaque fois, j’ai été reçue par une femme, ce qui ne veut absolument pas dire qu’elles y ont le pouvoir. Enfin, je ne sais pas si on y divorce plus qu’ailleurs (franchement, ça m’étonnerait) mais je pense que vu l’activité, on doit y trouver plus d’ACTUAIRES que partout ailleurs, et là, ce serait intéressant de savoir si la profession d’actuaires à Niort (Niork ?), c’est plutôt des femmes ou des mecs qui l’exercent ; je prends les paris, je pense que c’est plutôt des mecs…

    • Clumsybaby
    • 1 septembre 2011

    @Hypathie

    Niork, c’est une boutade, liée à mes péripéties que j’évoquais dans l’épisode précédent de Ma vie à Niork.

    L’article du Point a un peu la même conclusion que toi : ce n’est pas parce que les femmes travaillent et sont présentes partout qu’elles ont du pouvoir. Et, oui, il est fort à parier que le métier d’actuaire est très masculin.

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