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Festival Roulez Jeunesse à Lyon

Roulez Jeunesse

L’association Roulez Jeunesse lance un concept très original : un festival autour du vélo et de la musique, dont ce sera la première édition, le samedi 7 et le dimanche 8 juin prochains à Lyon.

Au programme concernant le vélo : tournoi de bike polo, initiation au BMX, mini-vélo du vélo, etc.

Et pour la musique : beaucoup de petits groupes français, comme Thylacine, Bodybeat ou Fancy. Mais aussi quelques noms qui me sont plus familiers : le hip hop triste du Versaillais Klub des Loosers, la shoegaze des New-Yorkais The Pain Of Being Pure At Heart ou l’attitude destroy des Canadiens de Duchess Says.

Toutes les infos sont sur le site de Roulez Jeunesse.

C’est aussi l’occasion de regarder de nouveaux les clips avec des vélos.

Les Femmes s’en mêlent 2010 : MEN, Duchess Says, Tender Forever, Dance Yourself To Death

Concert à l’Alhambra le 2 avril 2010 dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent 2010.

C’était mon premier concert à l’Alhambra, qui est une belle salle, assez grande (800 places), refaite il y a deux ans. Il y avait beaucoup de filles dans le public. C’est sûr que la moitié des lesbiennes de Paris, ça commence à faire du monde. Car cette dernière soirée du festival Les Femmes s’en mêlent était dédiée aux femmes qui aiment les femmes.

Dance Yourself To Death

Dance Yourself To Death à l'Alhambra

La soirée commence avec le groupe de Toronto Dance Yourself To Death et leur pop rock entraînante. La chanteuse et bassiste Jen Markowitz à la coupe asymétrique qui va bien joue avec la batteuse Susan Gale, le claviériste Johnny Ryan et une guitariste qui ne semblait pas être Carmen Elle qui a participé à l’enregistrement du premier album du groupe, Ready For Love.

Le groupe ressemble à une bande de copines qui s’éclatent sur scène, mais des copines qui n’auraient pas oublié pas de bosser car Dance Yourself To Death a en réserve de bonnes chansons catchy comme White Beds ou We Are All made Of Stones. Des mélodies très pop qui rentrent dans la tête et font bouger les pieds. Et ça commence déjà à danser dans la salle.

Plus d’infos sur Dance Yourself To Death

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Site officiel de Dance Yourself To Death

Tender Forever

Tender Forever à l'Alhambra

Un grand moment de la soirée a été la prestation de Tender Forever. De son vrai nom Mélanie Valera, elle est originaire de la région de Bordeaux mais vit à Portland aux Etats-Unis. Elle fait une électro pop minimaliste un peu expérimentale habitée par sa voix très expressive, mais surtout, Tender Forever est une show woman qui défie des conventions.

Seule sur scène, elle s’accompagne de toute une machinerie : un mac portable dont la pomme est cachée par des autocollants ; une batterie électronique qu’elle contrôle à certains moments à distance avec des manettes de Wii ; un petit clavier qui lui sert à passer des bandes sons pré-enregistrées sur lesquelles elle chante et danse. Par moments, elle fait des pauses pour jouer d’instruments plus classiques comme la guitare ou le ukulélé.

Tender Forever s’est fait remarquer avec une reprise de My Love de Justin Timberlake au ukulélé, mais elle tient à préciser que c’était juste pour s’amuser et que ce n’est pas représentatif de ce qu’elle fait. Non, Tender Forever ne fait pas du « R’n’B Lo-fi ». Alors bien sûr, il semblerait que Tender Forever aime aussi la soul… enfin surtout les chanteuses de soul. Elle dédie une chanson à Beyoncé et passe un diaporama de photos retouchées où les deux apparaissent en couple, créant un contraste entre les photos rigolotes et l’intensité de son chant.

Une des chansons les plus remarquables de son set fut Like The Snare That’s Gone qui donne son nom au nouvel album de Tender Forever, No Snare.

Tender Forever à l'Alhambra

Tender Forever pourrait faire un one woman show comique avec les petites anecdotes qui ponctuent son concert. Rien que son voyage de retour en France fait l’objet de plusieurs blagues bien senties, principalement sur la notion de genre. Tender Forever est androgyne, sa coiffure au bol entretenant l’ambiguïté. Elle explique qu’elle a abandonné sa coiffure asymétrique en constatant que c’était devenu commun chez les lesbiennes, voire que ce n’était même plus réservé aux lesbiennes. Elle raconte comment, vêtue comme le soir du concert d’un jogging rouge et d’une chemise ample ne laissant pas deviner ses formes, elle a semé le doute auprès d’une hôtesse de l’air qui accueillait les passagers en les gratifiant d’un « Bonjour monsieur » ou d’un « Bonjour madame ». La voyant arriver, l’hôtesse, ne sachant quel genre choisir, a dû se réfugier dans un « Bienvenue ».

On apprécie autant les chansons de Tender Forever que son humour et son sens de l’auto-dérision. La chanteuse danse beaucoup pendant le concert dans un style très personnel, inspiré du hip hop, un peu maladroit mais avec une grande liberté très touchante, ce qui est l’esprit même de sa musique.

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Duchess Says

Duchess Says à l'Alhambra

Chicks On Speed ayant annulé sa tournée européenne, c’est le groupe de Montréal Duchess Says qui s’y colle. J’avais déjà vu Duchess Says en concert lors du festival Les Femmes s’en mêlent 2007 et je n’avais pas vraiment apprécié. Cette fois, je suis un peu plus rentrée dans le délire du groupe qui est assez particulier.

Duchess Says fait du post-punk électro lorgnant parfois vers le thrash métal. Ce groupe est surtout remarquable pour ses performances car la chanteuse Annie-Claude Deschênes assure à elle seule un show punk et surprenant. Tout de noir vêtue, elle ne chante pas, elle hurle. Elle pousse des cris suraigus, qui évoquent parfois le plaisir, parfois la douleur et parfois des animaux. La chanson Tenon Non Neu est principalement composée d’onomatopées, collant à son style sec et violent. Prenant des airs de robots détraqués, Annie-Claude garde les yeux grands ouverts sans jamais ciller et bouge de façon saccadée. Elle danse comme si elle avait une crise d’épilepsie. Généreuse avec le public, Annie-Claude l’arrose de bière et descend dans la fosse pour offrir aux spectateurs de la vodka à boire au goulot.

Les autres musiciens (à la guitare, aux claviers et à la batterie) jouaient tranquillement leur partie, comme si de rien n’était. Parmi ses bruits étranges, j’ai pu reconnaître le tube électro Black Flag. Bref, Duchess Says en concert, ça vaut le coup d’œil, mais pas tous les jours non plus.

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MEN

MEN à l'Alhambra

MEN, déjà évoqué sur ce blog, est le projet de JD Samson, fondatrice du groupe électro clash féministe new-yorkais Le Tigre et MEN fait également une électro rock et dansante.

Et JD Samson est une féministe pure et dure et old school : une lesbienne avec des poils sous les bras engagée politiquement. Ne vous laissez pas tromper par les chansons aux mélodies festives et dansantes de MEN : certes on s’amuse, mais on cause de choses sérieuses, comme de politique, des droits des homosexuels et d’argent. « La plupart de nos chansons parlent d’argent », annonce JD Samson, « mais cette chanson parle d’argent et d’amour », à propos de Off Our Backs.

Sur scène, MEN est formé de JD Samson aux machines et de Michael O’Neill et Ginger Brooks Takahashi aux guitares électriques. Tous les trois ont des tenues spéciales. Michael a un style tyrolien disco avec sa veste et son short noirs, ses bas en laine blanche et ses paillettes sur le visage. Les filles ont des vêtements aux dessins bariolés. Le costume étrange de JD Samson évolue au fur et à mesure qu’elle enlève les couches. D’abord, elle porte une veste aux rayures arc-en-ciel sur un sort rouge et blanc, qui, quand elle tombe la veste, devient une robe avec des dessins variés, dont un pénis, placé à l’endroit qui convient.

MEN à l'Alhambra

Sur Boom Boom, surgissent en danseuses improvisées la batteuse et la guitariste de Dance Yourself To Death, portant des pancartes en forme de poings. Avant d’entamer Credit Card Babies, JD Samson précise que « cette chanson parle des homos qui font des bébés », en français dans le texte. Et les musiciennes de Dance Yourself To Death reviennent avec des panneaux représentants trois doigts évocateurs. MEN a d’autres accessoires farfelus à présenter, comme une fourchette rouge géante, impliquée dans une danse de JD Samson, et un casque rappelant une maison de poupées.

« Who Am I To Feel So Free? » chante JD Samson et on se demande ce qui l’empêcherait de s’amuser et d’être elle-même, sans complexes. Et la salle suit, dansant frénétiquement, pogotant un peu, subjuguée par ce bout de femme tatouée comme un condamné à perpét’ à la jolie voix aiguë qui nous encourage à devenir des « feMENists ».

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