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Rock en Seine 2010 – Jour 2

Compte-rendu du samedi 28 août au festival Rock en Seine.

La journée commence avec le trio londonien Chew Lips. « Je suis désolée, il pleut », nous dit Tigs, la chanteuse, dans un français très honnête. Vêtue d’un mini-short et de collants noir, Tigs a le look adéquat pour Rock en Seine. Elle s’amuse pendant que les deux autres membres du groupes assurent alternativement les machines, la guitare et la basse. Pas mal de morceaux s’avèrent tout à fait dansables, comme Salt Air ou Karen et les Chew Lips nous font bouger pendant que les nuages disparaissent.

C’est donc au soleil, à la Scène de l’Industrie, que se déroule le set de Viva And The Diva, « super groupe » français. Sur le papier, ça a l’air top, mais je ne suis pas convaincue. La diva, c’est Sir Alice, la chanteuse, qui porte une robe zébrée et gratte une guitare électrique rose. Les Viva And The Diva font rock puissant, sombre, un peu agressif, qui étrangement me fait penser parfois aux Beastie Boys, à cause de la voix androgyne et saccadée de Sir Alice.

Plan B est une bonne surprise. Le show commence par la performance d’un beatboxer invité, qui chauffe le public avec une démonstration impressionnante. Ben Drew, le leader de Plan B, arrive ensuite sur la Scène de la Cascade avec un véritable orchestre : 2 guitares, basse, batterie, claviers, 3 choristes noires. L’ambiance ainsi créée est celle d’une soul blanche rock et funk à la The Commitments, avec des touches de hip hop. Ben Drew a un très bon flow et une voix soul agréable et quand il joue son tube She Said, le public est conquis.

Je doutais l’autre jour de la capacité des Stereophonics à jouer pour un large public, car j’imaginais leurs chansons se prêtant à des atmosphères plus intimistes. Pourtant la foule s’est regroupée autour de la Grande Scène pour entendre quelques tubes : Maybe Tomorrow, Mr. Writter ou Lucky. Kelly Jones enchaîne un set bien rôdé, sans fioritures, et ça manque un peu de personnalisation : finalement, les Stereophonics sont bien un groupe de stade.

J’avais vu les Two Door Cinema Club l’année dernière au festival des Inrocks et c’est avec plaisir que je les retrouve à Rock en Seine. Ils ont de bonnes chansons, mais elles se ressemblent toutes un peu. J’ai reconnu Undercover Martyn, I Can Talk et Something Good Can Work et le reste passe dans un mélange indistinct, mais plaisant, car les Irlandais s’amusent et le public avec eux.

J’ai pu voir le court show case de Twin Twin et c’était formidable. Comme j’ai également vu le groupe en concert récemment, je vous en reparle plus en détails prochainement. Lire l’article sur le concert de Twin Twin aux 3 Baudets.

Le problème de ce festival, c’est que trop de concerts sont programmés en même temps. Ainsi, je n’ai entendu qu’un tout petit bout du concert de Jonsi. Pas assez pour me faire une idée. De même, je ne suis restée que pendant quelques morceaux pour Queens Of The Stone Age, juste le temps d’entendre The Lost Art of Keeping a Secret.

Je quitte l’atmosphère dense et sombre de QotSA pour celle, bon enfant et rigolarde, des Naive New Beaters. Ceux-ci sont précédés d’une réputation de groupe live. Et effectivement, ça s’active sur scène : chaque chanson est accompagnée d’une petite chorégraphie fofolle. Le chanteur raconte des petites histoires en français avec un accent étrange et encourage le public à soutenir les musiciens en formant des coeurs avec les mains.

Le concert de LCD Soundsystem a été un des moments forts de la journée. J’ai découvert récemment que Pitchfork a classé 2 morceaux de LCD Soundsystem dans son top 20 des meilleures chansons des années 2000 : All My Friends (2e) et Losing My Edge (13e). Rien que ça. Et c’est mérité, car les morceaux de James Murphy ont quelque chose de fondamentalement moderne, dansant et mélancolique. Et du coup, on danse au son de 2 batteries et de diverses percussions. C’est tellement bon, de l’électro avec de vraies percussions. Le set commence par Some Girls, passe par les tubes All My Friends et Daft Punk Is Playing In My House, et se termine par New York I Love You, But You’re Bringing Me Down, histoire de me déprimer, avec une mini reprise de d’Empire State Of Mind : « There’s nothing you can’t do, now you’re in New York ».

Si je vous dis « c’est immense, splendide et impersonnel », à quoi pensez-vous ? Comment ça, « les pyramides d’Egypte » ? Je faisais référence au show de Massive Attack. C’était très beau et très bien pour somnoler. Ça tombe bien, c’est l’heure de partir. Bien que fan de Soulwax, je n’accroche pas à leur projet alternatif 2 Many DJ’s et je suis donc rentrée pour un repos mérité.