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Etienne Daho en concert à Days Off

Etienne Daho - Days Off 2014

Le festival Days Off a donné carte blanche à Etienne Daho pour 3 soirs. Au programme : une reprise l’album Pop Satori ; une soirée consacrée aux pop hits de Daho ; et une soirée invités. J’ai eu la chance de voir 2 de ces concerts et voici mes impressions.

Petite précision : je suis une grande fan de Daho (donc un peu conquise d’avance) et l’ai vu de nombreuses fois en concert. Mais pas depuis 10 ans.

Mardi 1er juillet : Pop Satori – Cité de la musique

La première partie était assurée par Yan Wagner. J’ai trouvé que les morceaux manquaient de contraste, les arrangements encore plus franchement électro que sur l’album rendaient les chansons indissociables. Les mélodies ne servent pas suffisamment la belle voix grave de Yan Wagner, ne lui donnant pas l’occasion de faire preuve de beaucoup d’expressivité.

La thématique du concert était assez originale, puisqu’il s’agit de reprendre dans son intégralité Pop Satori (1986), album de la consécration, après La Notte, La Notte (1984), qui fut déjà un succès.

Emotion intense et salle gagnée en un instant quand retentissent les premières notes de Satori Theme. Daho monte sur scène en costard avec des lunettes noires qu’il garde pendant quelques morceaux avant de se rendre compte qu’il aurait dû les enlever.

S’en suit Epaule Tatoo, tube s’il en est, et la soirée est lancée. Les autres chansons phares de l’album sont Tombé pour la France et Duel au Soleil. Mais pour une fan comme moi, il y a d’autres morceaux marquants : Quelqu’un qui me ressemble, Paris Le Flore et même le naïf Mieux que moi.

C’est l’occasion pour Daho de raconter quelques anecdotes sur Pop Satori, de saluer Jérôme Soligny, compositeur de Duel au soleil, ou d’inviter sur scène Arnold Turboust, qui a co-produit l’album et composé une partie des musiques.

Pour le rappel, Etienne et ses musiciens interprètent Soleil de minuit, musique du film Désordre (1986) d’Olivier Assayas, qui aurait dû être sur l’album, et une reprise d’Epaule Tatoo, pour ne pas se quitter trop vite.

Etienne a vieilli. Bien vieilli, sûrement, mais il a vieilli. Sa voix n’était pas au top, même si elle était nettement plus dense et maîtrisée qu’à l’époque de l’album. Daho a eu des problèmes de santé en 2013, qui l’ont obligé à retarder la sortie des Chansons de l’innocence retrouvée. Il bougeait moins sur scène, mais finalement il en fallait peu pour communiquer sa chaleur à un public ravi, car Daho a acquis un puissant charisme au fil des années. On le sent à la fois gagné par le trac (en lui sommeille un perfectionniste) et apaisé, comme s’il rentrait chez lui.

Set list

Satori Theme
Epaule Tatoo
Paris Le Flore
Pop égérie O.
Quelqu’un qui me ressemble
Tombé pour la France
4 000 années d’horreur
Mieux que moi
Pari à l’hôtel
Duel au soleil
Satori pop century
Late night

Rappel :
Soleil de minuit
Epaule Tatoo

Mardi 8 juillet : Tombés pour la France – Salle Pleyel

La salle Pleyel est un choix étrange pour un festival pop et le public assis fut bien difficile à chauffer. Les artistes s’enchainaient sur scène et Lou Lesage passait des morceaux pour assurer les transitions. Cela n’empêchait pas l’ambiance de retomber un peu entre chaque morceau.

Les chansons interprétées piochaient dans la discographie de Daho, celles des invités, mais aussi des artistes qui ont accompagné ses débuts, la génération des « jeunes gens modernes » : Elli Medeiros, Jacno, Daniel Darc, Marie et les garçons, etc.

Parmi les invités, des artistes que Daho a défendus comme Lou Doillon ou Yan Wagner, l’équipe du label Pop Noire (John & Jehn, Lescop), l’ami Dominique A et des musiciens dont je ne connais pas le lien personnel avec Daho, mais dont ils partagent clairement l’univers.

Les artistes défilent sur scène sans commentaire, à part Lou Doillon qui explique son choix de jouer un de ses nouveaux morceaux seule à guitare en disant, que pour remercier Daho, elle a décidé de faire ce qui l’effrayait le plus. C’est sûr que reprendre Tombé pour la France comme Aline récolte bien plus facilement l’adhésion du public. La reprise électro new wave minimaliste de Week-end à Rome par John & Jehn m’a surprise : on ne sentait pas trop le soleil de l’Italie, là. Cela fait néanmoins plaisir de les retrouver ensemble sur scène, car depuis le succès de Savages, le nouveau groupe de Jehn, on pouvait penser que John & Jehn était de l’histoire ancienne. J’ai trouvé The Pirouettes et Perez très intéressants, car ils se réappropriaient habilement l’héritage « jeunes gens modernes ».

Le concert s’achève sur En Surface, interprété par Daho et Dominique A, avec tous les musiciens qui dansent sur scène, ce qui ne colle pas trop avec le sens de la chanson, mais ça fait tellement plaisir de l’entendre que l’on ne s’en plaindra pas.

Ca manquait un peu d’énergie, et c’est dommage que le public ne se soit levé qu’au dernier morceau. C’était un concert OVNI, comme l’a dit Daho, touchant et brouillon, malgré une mise en scène soignée, avec des films magnifiques avec les visages des artistes. Et la coordination musicale d’Edith Fambuena, discrète à la guitare, mais surveillant les aller et venues de chacun.

Ce qui ressort des chansons choisies est le contraste entre des musiciens post-punk, inspirés de la new wave la plus sombre, et les paroles naïves, qui content des bluettes où l’on ose à peine toucher l’autre.

Set list

Lou Lesage DJ Set
François & The Atlas Mountains – Le Grand Sommeil (Etienne Daho)
Aline – Tombé pour La France (Etienne Daho)
Yan Wagner – Les nuits de pleine lune (Elli & Jacno)
Lescop & Etienne Daho – La Ville (Daniel Darc)
Dominique A – Je t’aime tant (Jacno)
Lescop & Calipso Valois – Duel au soleil (Etienne Daho)
Mustang – Je t’ai toujours aimée (Polyphonic Size)
John & Jehn – Week-end à Rome (Etienne Daho)
Lou Doillon – Weekender Baby (Lou Doillon)
The Pirouettes – Le dernier métro (The Pirouettes)
Perez – Une autre fois (Perez)
Poni Hoax – Eddie S. (Etienne Daho)
La Femme & Patrick Vidal – Rien à dire (Marie et les garçons)
Etienne Daho & François & The Atlas Mountains – Les lueurs matinales (Etienne Daho)
Etienne Daho & Dominique A – En Surface (Etienne Daho)